Périple avec une inconnue, rendez-vous à Saïgon…

17 mars 2018 | Flâneries | 0 com­men­taires

Nous ne nous sommes jamais vues. Nous ne nous connais­sons pas. Elle n’est pas même l’amie d’une amie. Quoi de plus roma­nesque que de se don­ner rendez-vous à dix mille kilo­mètres ? Je trou­vais l’idée mer­veilleuse…

Trois mois avant mon envol pour le Vietnam, je poste un mes­sage sur un forum spé­cia­lisé en espé­rant échan­ger avec une éven­tuelle com­plice de virée. Chérir ma soli­tude ne s’oppose pas aux ren­contres. À cette période, à l’autre bout de la France, une femme effec­tue une démarche simi­laire. Nos che­mins vont se croi­ser et s’unir, nous ferons connais­sance tout au long de la tra­ver­sée d’une par­tie du pays, de Saïgon à Hanoi, en pas­sant par Hoi An, Hué, Tam Coc, la baie d’Ha Long et la val­lée de Mai Chau.

Ma feuille de route était déjà éta­blie quand j’ai envi­sagé ce voyage en binôme. Mon iti­né­raire vise les incon­tour­nables et ses envies rejoignent les miennes, nous l’ajustons seule­ment à son timing car elle ne dis­pose que d’une ving­taine de jours. J’ai davan­tage de temps à consa­crer au pro­jet et je peux, en paral­lèle, satis­faire mon tem­pé­ra­ment soli­taire. J’atterrirai plus tôt afin de des­cendre dans le delta du Mékong et je repar­ti­rai plus tard en pro­lon­geant mon cir­cuit jusqu’aux mon­tagnes du nord-ouest, près de la fron­tière sino-vietnamienne. Le mar­ché popu­laire de Bac Ha et Sapa, l’ancienne sta­tion cli­ma­tique de l’époque colo­niale, figurent sur ma liste.

Le cli­mat du Vietnam est tro­pi­cal au sud et sub­tro­pi­cal au nord. Le départ est prévu au début du mois d’avril, autant dire que nous sue­rons ! Commencer par le sud devrait nous per­mettre de moins souf­frir de la tem­pé­ra­ture. Nous conver­sons une der­nière fois au télé­phone quarante-huit heures avant mon décol­lage. J’ai l’habitude de cou­per tous les appa­reils les deux jours qui pré­cèdent chaque périple, c’est un rituel, un pré­am­bule à l’immersion. Je suis assez orga­ni­sée pour m’aménager cet inter­valle de repos. Les voyages iti­né­rants sont fati­gants et mieux vaut sto­cker de l’énergie. Et puis j’aime cou­per le signal, rompre avec l’esclavage induit par l’électronique, répondre aux abon­nés absents, m’extraire des radars de contrôle. Bye bye en mode off… Je m’évade déten­due et joyeuse, la pers­pec­tive de cette ren­contre et des sur­prises qu’elle ne man­quera pas de géné­rer dans un contexte cultu­rel aux anti­podes de nos repères m’emballe.

Mon enthou­siasme a dis­sipé ses inquié­tudes, j’ai fait en sorte de la ras­su­rer sur à peu près tout. Vingt ans nous séparent et en dépit de son anxiété, son pro­fil ravit mes attentes. Elle est née à Hué et y a vécu jusqu’à ses trois ans. Elle n’y est pas retour­née depuis que ses parents ont quitté le pays à la fin de la guerre d’Indochine. Elle part sur les traces de son enfance, en hom­mage à ce père revenu vivant de la bataille de Diên Biên Phu, un des rares sur­vi­vants ayant résisté à l’épuisement de cette célèbre marche de sept cents kilo­mètres, entre jungles et mon­tagnes, et qui a vu ses com­pa­gnons de cap­ti­vité s’effondrer sur la route, les uns après les autres, pour ne plus se rele­ver. Elle part éga­le­ment sur les traces du sou­ve­nir de ce grand frère qui avait rega­gné le Vietnam et qui est décédé trop tôt, au cours de sa tren­taine, dans l’ancienne capi­tale impé­riale. Nous avons ajouté deux jours à Hué afin de ten­ter de retrou­ver sa mai­son d’enfance. Nos indices se résu­me­ront à un plan de la cité, jauni et fra­gi­lisé par ces soixante der­nières années et d’une photo sépia sur laquelle on dis­cerne l’entrée de la villa. Tel un pèle­ri­nage, ce voyage s’annonce riche en émo­tions.

À mon arri­vée à Hô-Chi-Minh-Ville, encore appe­lée Saïgon, les trente-huit degrés sont dif­fi­ciles à sup­por­ter. Les Vietnamiens vaquent à leurs occu­pa­tions, cou­verts de leur blou­son et de leur casque de scoo­ter qu’ils ne prennent pas la peine d’ôter dans les lieux fer­més, ceci sans que la moindre goutte ne perle sur leurs tempes… Je me dis qu’on n’est pas réglés pareils ! Je déam­bule à pied, éli­mi­nant un litre d’eau à chaque mon­tée de trot­toir. Le len­de­main, je me rends à la cathé­drale Notre-Dame, d’inspiration néo-romane, et à la poste cen­trale située à côté dont l’architecture métal­lique de style Eiffel mérite, à elle seule, une halte à Saïgon. Je flâne au mar­ché Ben Thanh où la pug­na­cité des ven­deurs, peu enclins à lais­ser filer le client poten­tiel, s’exprime à tra­vers une cer­taine agres­si­vité et me crispe un tan­ti­net. Je m’éclipse et me fais aspi­rer par un fes­ti­val du tou­risme qui se tient en plein air. Je traîne dans les allées des stands qui regorgent de spé­cia­li­tés culi­naires, amu­sée du tin­ta­marre que les ani­ma­teurs viet­na­miens assurent en se dan­di­nant pour hono­rer l’élégante cho­ré­gra­phie de la danse des canards et chan­tant à tue-tête Qui en sor­tant de la mare se secouent le bas des reins et font coooiiiiiinnn coooiiiiiinnn…

Au matin du troi­sième jour, je pars vers le delta en com­pa­gnie de deux retrai­tés. Ils me racontent com­bien ils ont adoré leur trip ama­zo­nien mal­gré un début flip­pant, trim­bal­lés un temps infini par les hommes d’une tribu vêtus de leur cache-sexe à ficelle, en pleine nuit, au creux d’une barque cer­née d’alligators dont les yeux rou­geoyaient à la croi­sée du spectre de leurs fron­tales. Ils me décrivent, s’esclaffant et jouant des coudes, la déco ten­dance mygales poi­lues de leur bicoque, la chasse au curare et autres acti­vi­tés locales… Nous sommes rapi­de­ment au port de Cai Be où nous embar­quons à bord d’un sam­pan et rejoi­gnons un hôtel entouré d’allées de courges sus­pen­dues au sein d’une végé­ta­tion luxu­riante. Je m’installe dans mon bun­ga­low devant lequel un bas­sin privé me pro­met un bar­bo­tage inou­bliable face au Mékong. À l’arrière, la salle de bain exté­rieure s’ouvre sur la jungle et je m’empresse d’en pro­fi­ter en me réjouis­sant des chants d’oiseaux exo­tiques. Pas mal l’hôtel ! J’occupe le reste de ma jour­née à visi­ter une fabrique de bon­bons et d’artisanat près du vil­lage qui com­porte une dégus­ta­tion d’alcools de ser­pent que mon gosier mau­dit ins­tan­ta­né­ment, me condam­nant à dépiau­ter une flo­pée de cara­mels ensa­chés pour tapis­ser l’affaire sous peine de me méta­mor­pho­ser en dra­gon. Le soir venu, je me joins à un cours de cui­sine, j’apprends à confec­tion­ner des won­tons ainsi qu’un plat à la sauce aigre-douce et j’évite de jus­tesse de dégus­ter ce qui a tout l’air d’une petite sou­pette rafraî­chis­sante, poi­vrée et citron­née à sou­hait, qui fait office de rince-doigts… Je me cultive en somme !

Je suis réveillée par les bateaux à moteur com­po­sant le bal­let inces­sant qui se joue sur le Mékong, mêlé à l’ambiance fas­ci­nante inter­pré­tée par la faune qui évo­lue dans la jungle envi­ron­nante. Nous sommes quelques-uns, dès l’aube, à les­ter un sam­pan en vue de nous enivrer de l’effervescence du mar­ché flot­tant, encore enve­lop­pés des brumes mati­nales bien­tôt chas­sées par un soleil sans scru­pules. Parmi les pas­sa­gers, un homme est équipé d’un télé­ob­jec­tif long comme le bras qui rui­ne­rait mes cer­vi­cales et doit peser l’équivalent de mon sac-à-dos. Nous dis­cu­tons et il m’apprend, qu’en tant qu’auteur, il s’est entre­tenu avec un édi­teur de la mai­son qui m’emploie… D’ici que je le croise à nou­veau dans l’atmosphère plus feu­trée d’un hôtel par­ti­cu­lier… Le monde peut par­fois, vrai­ment, sem­bler étroit ! Nous accos­tons ensuite au pon­ton d’un vil­lage à proxi­mité puis nous nous sépa­rons sur le quai, cha­cun voguant vers ses pro­jets res­pec­tifs. Le mien est de me perdre dans une cam­brousse foi­son­nante de fruits tro­pi­caux. Je constate la gen­tillesse et l’humour des Vietnamiens qui ne com­prennent pas mon anglais ni le plan grif­fonné que je leur mets sous le nez, mais je finis par retrou­ver mon che­min après des kilo­mètres de marche. À l’hôtel, un récep­tion­niste au nom impro­non­çable, qui astu­cieu­se­ment se fait appe­ler Martin (…), m’invite à par­ti­ci­per à un ate­lier de découpe déco­ra­tive de légumes. Nous papo­tons et rigo­lons en enrou­lant nos peaux de cour­gette, nous conten­tant de for­mer des roses, parce que pour les navets trans­for­més en per­ro­quets, on repas­sera…

La région du delta du Mékong repré­sente un détour agréable pour une accli­ma­ta­tion douce et gour­mande. Je remonte sur Saïgon afin d’attendre celle que je nom­me­rai Chantal et avec laquelle nous allons entre­prendre le voyage vers le nord. Avant cela, je m’oriente vers le quar­tier Cholon, le Chinatown saï­gon­nais, j’explore son fameux mar­ché Binh Tay puis la rue Thuan Lan Ong et ses phar­ma­cies tra­di­tion­nelles qui exhibent des fla­cons d’alcools de ser­pent et divers breu­vages caus­tiques. J’observe les vitraux de l’église Cha Tam et vais jeter un coup d’œil à la rue adja­cente Tran Hung Dao pour sa par­tie ouest dédiée aux ate­liers de confec­tion. Je ter­mine par la rue de Lao Tu et sa pagode Chua Quan Am, la plus ancienne de la ville, où je me pose un temps cer­tain, à l’écart de l’agitation exté­rieure, oua­tée par les nuages d’encens. Je m’y res­source sans qu’une seule per­sonne vienne trou­bler ma tran­quillité. Je savoure le calme et pense à la suite du cir­cuit, à cette ren­contre immi­nente, aux inter­ro­ga­tions qu’elle sus­cite, à l’excitation qu’elle génère. L’horloge me fait de l’œil, Chantal a pro­ba­ble­ment atterri, j’abandonne cette quié­tude et file poser mon der­rière sur le cous­sin élimé d’un cyclo-pousse que le conduc­teur, à la force de ses mol­lets, pro­pulse à un rythme sac­cadé vers mon hôtel en cra­chant régu­liè­re­ment un mor­ceau de ses pou­mons dans mes che­veux…

Le rendez-vous avec Chantal était convenu à l’hôtel. Quand le cyclo-pousse m’y dépose, la récep­tion­niste m’explique que Chantal est arri­vée mais qu’elle a dû repar­tir. L’agent qui lui a remis son visa s’est trompé et lui a donné le pas­se­port d’une Américaine. N’ayant pas véri­fié sur place le pré­cieux sésame, c’est à l’hôtel, tan­dis que son col­lègue de l’accueil véri­fiait ses papiers, qu’elle s’est aper­çue de l’erreur. Il a fallu qu’elle s’inflige, après son long-courrier, un second taxi en sens inverse, dans les embou­teillages, en pleine touf­feur et pol­lu­tion. Je patiente sous la cli­ma­ti­sa­tion un moment. Nous n’avions pas d’autre moyen de nous rejoindre puisque nous étions sans télé­phone (moi sur­tout…). Je l’entends enfin gra­vir les der­nières marches vers la récep­tion, exté­nuée, et nous nous décou­vrons. Elle est au bord des larmes, épui­sée de son tra­jet, du choc ther­mique et du stress… Beaucoup de stress… Elle était très inquiète, n’étant pas sûre d’identifier la dame qui avait son pas­se­port et qui n’avait peut-être pas non plus immé­dia­te­ment réa­lisé la bou­lette. Elle l’a récu­péré aisé­ment, l’Américaine s’est rendu compte de la bévue assez vite et a agi de manière iden­tique. Elle s’en va dépo­ser ses affaires, se dou­cher et se détendre un peu puis je l’emmène du côté de la place de la cathé­drale. Nous mar­chons tout en dis­cu­tant avant de dîner et de ren­trer nous cou­cher. Nous par­tons tôt le len­de­main pour Danang et ses mon­tagnes de marbre.

Par souci de conci­sion et de dis­cré­tion, j’ai pris le parti de ne pas racon­ter l’intégralité du voyage, plu­tôt ce que j’en retiens. Est-ce une démarche que je renou­vel­le­rai ? Est-ce que je la conseille­rai, l’encouragerai ? Évidemment, cha­cun voit midi à sa porte, mais de mon point de vue, qu’en est-il ? La réponse est miti­gée, oui, non, ça dépend… La bonne affaire ! O.K., je déve­loppe…

Bien que j’aie appré­cié cette expé­rience, je ne la renou­vel­le­rai pas sur autant de temps. Je suis trop atta­chée à ma soli­tude et je retire une grande satis­fac­tion à me dépa­touiller de situa­tions par­fois déli­cates ou sim­ple­ment inso­lites. Ceci amé­liore ma confiance en mes capa­ci­tés d’adaptation, de débrouillar­dise et me sert en continu dans tous les aspects de ma vie. Nous pas­se­rons avec Chantal d’excellents moments. Elle m’a enri­chie de nom­breuses his­toires sur la guerre d’Indochine, des sou­ve­nirs que son père lui confiait de son vivant. Je n’oublierai pas cette marche sur ce sol foulé par les pri­son­niers de la bataille de Diên Biên Phu et ce qu’elle me res­ti­tuait, les tor­tures infli­gées, l’emprise psy­cho­lo­gique exer­cée… Je n’oublierai pas non plus son émo­tion à Hué, sur le pont Trang Tien qui enjambe la rivière des par­fums, étreinte par ses propres sou­ve­nirs de ce frère qui avait laissé sa vie à cet endroit. Sans comp­ter son eupho­rie au retour d’une balade où elle avait revu sa mai­son d’enfance qu’elle me loca­li­sait sur sa vieille carte, la jux­ta­po­sant à un plan récent, les noms des rues ayant été modi­fiés au fil des années. Nous avons aussi pu nous offrir des extras, notam­ment ce taxi privé de Hué à Hoi An qui nous a per­mis d’admirer la magni­fique route du col des nuages dont les cars se dés­in­té­ressent depuis la construc­tion du tun­nel. Et com­ment ne pas me réjouir de cette fabu­leuse croi­sière en baie d’Ha Long avec une firme sou­cieuse de pré­ser­ver le site, qui a navi­gué à des endroits dis­crets et nous a offert d’excellentes pres­ta­tions sur une jonque qua­si­ment pri­vée que nous avons par­ta­gée avec un couple de Canadiens, nous n’envions pas fran­che­ment ceux qui s’agglutinaient sur cer­tains bateaux croi­sés.

C’était chouette, des sou­ve­nirs gra­vés dans ma mémoire et dans mon cœur. Parallèlement, j’étais pro­fon­dé­ment heu­reuse quand nous nous sommes sépa­rées et que j’ai pris ce train de nuit, seule, en direc­tion de Lào Cai, me diri­geant vers de nou­velles aven­tures sur un mode qui cor­res­pond mieux à ma per­son­na­lité. La réa­lité est que je man­quais de clarté quant à la lisi­bi­lité de mes besoins. Entre celui d’être seule et celui d’échanger, le juste milieu si dif­fi­cile à éva­luer. Le voyage remue inté­rieu­re­ment, bous­cule nos croyances sur soi et sur le monde avec plus ou moins d’intensité. Il offre quan­tité d’ingrédients pour s’interroger, se remettre en ques­tion en met­tant à l’épreuve nos repères per­son­nels, pro­vo­quant de l’inconfort et de l’instabilité. C’est pré­ci­sé­ment ce que beau­coup de voya­geurs recherchent, une belle occa­sion de ren­for­cer son men­tal tout en assou­vis­sant sa curio­sité du monde. Une mul­ti­tude d’événements, inévi­ta­ble­ment, nous cham­boulent et nous obligent à dépas­ser nos limites, inutile de char­ger la mule ! L’idée de sor­tir de soi et celle de sor­tir de soi en com­pa­gnie d’un(e) inconnu(e) sur plu­sieurs semaines d’affilées est à dis­so­cier… Comment faci­li­ter la rela­tion avec un(e) inconnu(e) sur un ter­rain que nous ne maî­tri­sons pas, confron­tés à une culture qui nous secoue, des qui­pro­quos dus à la mécon­nais­sance de l’autre, une langue étran­gère qui ampli­fie les incom­pré­hen­sions, la fatigue de l’itinérance incluant des trans­ferts mati­naux et des tra­jets inter­mi­nables qui s’accumulent, des condi­tions météo­ro­lo­giques qui, selon notre degré de tolé­rance à la cha­leur, au froid ou à la pluie, influencent nos humeurs ? Afin de pro­fi­ter du voyage, d’optimiser ce qu’il nous apporte, il semble judi­cieux de défi­nir les lignes fon­da­men­tales à notre équi­libre. La pos­si­bi­lité pour cha­cun de modi­fier ses plans doit être abor­dée en amont et accep­tée, les échanges n’en seront que valo­ri­sés. Ceci est, par ailleurs, valable avec les per­sonnes que nous fré­quen­tons habi­tuel­le­ment, les membres de notre famille ou nos chers amis. On peut avoir des envies diver­gentes et vou­loir se sépa­rer du meilleur par­te­naire qui soit. L’objectif d’un tel périple est en pre­mier lieu de se faire plai­sir et de vivre serei­ne­ment les ren­contres qui, bien sûr, sont géné­ra­le­ment for­mi­dables dans la diver­sité qu’elles repré­sentent. Cependant, qu’il est bon de reve­nir à soi, de se rap­pe­ler sa liberté. Cela paraît sans doute évident sur le papier néan­moins c’est ce que je n’ai pas su faire. Non seule­ment, je me sen­tais un peu coin­cée par une sorte d’engagement, mais j’avais aussi trop ver­rouillé le par­cours. Mes cir­cuits sont aujourd’hui plus souples, j’improvise davan­tage et sur­tout, je célèbre ma soli­tude. On naît seul, on meurt seul, entre-temps il sem­ble­rait que nous puis­sions jouir d’un tant soit peu de liberté… Saisissons-la !

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